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Analyse du lancement de M6+ sur le Store ChatGPT et de ses impacts sur la découvrabilité des contenus, le GEO (Generative Engine Optimization) et les nouvelles métriques RP pour les communicants B2B.
M6+ débarque sur le ChatGPT Store : quand les médias migrent vers l'IA conversationnelle

M6 ChatGPT Store média intelligence artificielle : un tournant pour la découverte des contenus

Le groupe audiovisuel M6 fait un pas décisif vers l’intelligence artificielle conversationnelle avec l’arrivée de M6+ sur le Store ChatGPT, annoncée publiquement à l’automne 2024 via un communiqué du groupe daté d’octobre 2024. Pour un média de streaming, être présent sur le ChatGPT Store signifie que ses programmes deviennent accessibles par simple échange en langage naturel, sans passer par une page web ou un menu de plateforme classique. Cette intégration, encore rare en France pour une plateforme de streaming nationale, place le groupe au cœur d’une nouvelle expérience de recherche de contenus, où la recommandation et la découvrabilité des programmes passent par l’IA générative et ses moteurs de réponse.

Concrètement, un utilisateur peut demander à ChatGPT des idées de programmes M6+ en fonction de son humeur, de la durée disponible ou de ses préférences thématiques, et recevoir en retour une liste de lecture personnalisée. Par exemple : « Propose-moi un programme business inspirant de moins de 30 minutes disponible sur M6+ » peut aboutir à une recommandation de magazine économique suivi d’un court format d’interview d’entrepreneur. Cette expérience utilisateur repose sur l’exploitation de données personnelles déclaratives et comportementales (historique de visionnage, centres d’intérêt, horaires de connexion), que le groupe annonce vouloir traiter dans le respect du cadre RGPD, tout en optimisant la recommandation et la découvrabilité des contenus. Elle soulève toutefois des questions de transparence : le téléspectateur ne sait pas précisément quelles données sont utilisées, ni comment les algorithmes hiérarchisent les programmes mis en avant dans les réponses de l’assistant.

David Larramendy, président du directoire de M6, résume l’enjeu stratégique de ce partenariat avec OpenAI en une formule claire : « Transformer la recherche en conversation, c'est rapprocher chaque envie du bon programme, à tout moment et sur tous les écrans ». Derrière cette phrase, il y a une véritable stratégie de transformation qui dépasse le simple coup de communication autour d’un service d’expérience innovant. Le groupe audiovisuel capitalise sur ses chaînes historiques comme M6, W9 ou Téva, mais aussi sur Gulli et sa déclinaison Gulli Terre de Jeux, pour alimenter une plateforme de streaming unifiée, qui revendique plusieurs millions d’utilisateurs actifs mensuels en France, accessible via la plateforme M6+ et désormais depuis l’écosystème ChatGPT, dans un environnement présenté par le groupe comme une première étape structurante vers une distribution renforcée de ses contenus dans les assistants d’IA.

Du partenariat M6 – OpenAI au GEO : la visibilité RP se joue dans les réponses d’IA

Le partenariat entre le groupe M6 et OpenAI, qui annoncent le lancement de M6+ sur le Store ChatGPT, illustre une tendance lourde pour les relations presse B2B et la communication corporate. Quand un média devient accessible via une plateforme de streaming intégrée à un assistant d’intelligence artificielle, la question n’est plus seulement d’obtenir des brèves dans la presse, mais d’apparaître dans les réponses générées par ces moteurs conversationnels. C’est tout l’enjeu du GEO, pour Generative Engine Optimization, qui consiste à optimiser la présence d’une marque dans les réponses d’IA, au même titre que le SEO l’a fait pour les moteurs de recherche traditionnels, en travaillant la qualité des contenus sources et leur structuration éditoriale.

Pour un fondateur de start-up qui publie gratuitement ses communiqués de presse, l’objectif devient double : rester visible dans les médias traditionnels et s’assurer que ces mêmes médias soient bien intégrés dans les écosystèmes d’IA comme le Store ChatGPT. Quand un utilisateur demande à ChatGPT des recommandations de programmes business ou tech sur M6+, les contenus éditoriaux qui citent votre marque peuvent remonter dans la conversation, même si vous n’avez jamais payé un seul euro en achat d’espace. Dans un scénario type, une requête du type « Quels programmes M6+ parlent de start-up françaises innovantes ? » peut faire apparaître un reportage qui mentionne votre entreprise, avec un lien contextuel vers le communiqué de presse d’origine. C’est la logique de l’earned media poussée à l’extrême, où les retombées dépendent autant de la qualité du pitch presse que de la découvrabilité des contenus dans ces nouvelles interfaces conversationnelles.

Les communicants du secteur technologie, déjà habitués à travailler la visibilité éditoriale dans des contextes réglementés comme la communication du vin sous loi Evin, peuvent s’inspirer de ces stratégies pour adapter leurs communiqués de presse. Un dossier bien structuré, avec des données chiffrées (parts d’audience, nombre d’utilisateurs, taux de complétion), des cas d’usage précis et une articulation claire entre produit, service et impact marché, sera plus facilement repris par les médias, puis indexé par les moteurs d’intelligence artificielle. À titre indicatif, certaines marques observent déjà que plus de 10 % de leurs requêtes de marque proviennent de formulations conversationnelles, signe que les usages basculent vers ces interfaces. À terme, la capacité d’un groupe à orchestrer ses annonces, ses partenariats et ses programmes éditoriaux sur plusieurs canaux – chaînes du groupe, plateforme de streaming, IA conversationnelle – pèsera directement sur le ROI RP et sur la place occupée par la marque dans les réponses générées par les systèmes d’IA.

Ce que les communicants doivent surveiller : métriques, dépendance et nouvelles routines RP

Pour les agences RP et les freelances, l’arrivée de M6+ sur le ChatGPT Store change la manière de mesurer l’impact d’un communiqué de presse. Les métriques classiques – nombre de brèves, portée des articles, équivalent publicitaire en euros – ne suffisent plus à capturer la valeur d’une présence dans un écosystème d’intelligence artificielle. Il faut désormais intégrer des indicateurs de service expérience, comme la fréquence à laquelle une marque est citée dans les réponses de ChatGPT, la place qu’elle occupe dans une liste de lecture recommandée autour d’un programme M6+ ou le volume de requêtes conversationnelles associées à son nom, en suivant par exemple l’évolution mensuelle de ces signaux sur une période de six à douze mois.

Cette évolution pose aussi la question de la dépendance à un écosystème privé, où un groupe audiovisuel comme M6 structure sa stratégie de transformation autour d’une plateforme de streaming propriétaire et d’un accès privilégié à l’IA d’OpenAI. Les communicants doivent rester lucides sur les limites de ce modèle, en particulier l’absence de métriques standardisées, la difficulté à auditer les algorithmes de recommandation et de découvrabilité des contenus, ainsi que le risque de voir une partie de leur visibilité captée par quelques grands intermédiaires. Sur le plan RGPD, la capacité réelle à contrôler l’usage des données personnelles et à documenter les logiques de classement reste un point de vigilance, notamment pour les marques soumises à des contraintes sectorielles fortes. Pour garder la main, il devient crucial de diversifier les points d’entrée : communiqués publiés gratuitement sur des plateformes spécialisées, contenus de fond optimisés pour le numérique, et présence dans des environnements éditoriaux maîtrisés comme ceux décrits dans les analyses sur le paysage numérique des relations médias B2B.

Dans ce contexte, chaque communiqué de presse doit être pensé comme un objet éditorial prêt à être réutilisé par des journalistes, des plateformes et des assistants d’intelligence artificielle. Un texte structuré, avec des citations claires, des données personnelles et des données marché bien sourcées, et une articulation nette entre contexte, annonce et bénéfices, augmente ses chances d’être repris dans les réponses de ChatGPT ou d’autres IA génératives. Pour approfondir ces logiques de visibilité éditoriale et de diffusion numérique, les professionnels peuvent s’appuyer sur des ressources spécialisées en relations médias B2B, qui détaillent comment tirer parti du paysage numérique pour maximiser les retombées presse et renforcer la présence de leurs marques dans les environnements conversationnels, tout en gardant un regard critique sur la gouvernance des données et le fonctionnement des algorithmes.

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